Votre foie est l’un des organes les plus sollicités de votre corps : il est chargé de filtrer les toxines, de métaboliser les nutriments, de produire la bile et d’assurer chaque jour des centaines de fonctions essentielles. Le problème, c’est que bon nombre d’habitudes que les gens considèrent comme inoffensives, voire saines, peuvent en réalité avoir de graves répercussions sur la santé du foie à long terme. Qu’il s’agisse de prendre un comprimé de Tylenol de trop ou de rester sédentaire pendant de longues périodes, voici 20 façons étonnamment courantes dont vous pourriez nuire à votre foie sans même vous en rendre compte.
1. Prise d'une dose excessive d'acétaminophène
L’acétaminophène, le principe actif du Tylenol, est l’une des principales causes d’insuffisance hépatique aiguë aux États-Unis lorsqu’il est pris en excès. La dose journalière maximale pour un adulte en bonne santé est généralement comprise entre 3 000 et 4 000 milligrammes, mais il est facile de dépasser cette limite lorsque l’on prend simultanément plusieurs produits qui en contiennent : pensez par exemple à la prise simultanée de médicaments contre le rhume, de somnifères et d’analgésiques. Vérifiez toujours attentivement les étiquettes et consultez votre médecin si vous prenez régulièrement de l’acétaminophène pour soulager la douleur.
2. Une consommation excessive de fructose
Le sirop de maïs à haute teneur en fructose, présent dans les sodas, les jus sucrés et de nombreuses collations industrielles, est métabolisé presque exclusivement par le foie, et sa consommation en grande quantité le sollicite considérablement. Contrairement au glucose, qui est distribué dans tout l’organisme pour fournir de l’énergie, le fructose est acheminé directement vers le foie, où les quantités excédentaires sont transformées en graisse. Cette accumulation de graisse peut contribuer à la stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD), même chez les personnes qui ne boivent que peu ou pas d’alcool.
3. Manquer régulièrement de sommeil
Un manque de sommeil chronique ne se traduit pas seulement par de la fatigue, mais perturbe également les cycles naturels de régénération et de détoxification du foie qui se produisent pendant le repos. Des études ont établi un lien entre un mauvais sommeil et une inflammation accrue du foie, ainsi qu’un risque plus élevé de développer une stéatose hépatique au fil du temps. Privilégier le sommeil n’est pas seulement bénéfique pour votre niveau d’énergie ; c’est un élément essentiel au bon fonctionnement de votre foie.
4. Abus de compléments alimentaires
Le secteur des compléments alimentaires est largement non réglementé, et beaucoup de gens pensent que les produits naturels ou à base de plantes sont automatiquement sans danger pour le foie, mais ce n’est pas le cas. Des compléments tels que le kava, l’extrait de thé vert, la vitamine A à forte dose et certains composés utilisés en musculation ont tous été associés à des lésions hépatiques, parfois graves. Avant d’ajouter un nouveau complément à votre routine, il est recommandé de consulter un professionnel de santé afin de vous assurer qu’il ne nuira pas à la santé de votre foie.
5. Avoir une alimentation riche en graisses saturées
Une alimentation riche en graisses saturées provenant notamment de la viande rouge, des produits laitiers entiers et des aliments frits peut entraîner, à long terme, une accumulation de graisses dans le foie. Le foie joue un rôle central dans le métabolisme des graisses, et lorsqu’il est submergé par un excès de graisses alimentaires, il peut avoir du mal à les métaboliser et à les éliminer efficacement. Remplacer une partie de ces graisses saturées par des graisses insaturées, comme l’huile d’olive, les avocats et les fruits à coque, est l’un des changements alimentaires les plus simples que vous puissiez apporter pour préserver votre foie.
6. Vous buvez plus d'alcool que vous ne le pensez
La plupart des gens savent bien qu’une consommation excessive d’alcool endommage le foie, mais on ignore souvent que même une consommation modérée et régulière peut causer des dommages cumulatifs. Le foie ne peut métaboliser qu’environ un verre standard par heure, et dépasser régulièrement ce rythme le contraint à fonctionner à un rythme supérieur à celui pour lequel il est conçu. Il est également facile de sous-estimer la quantité d’alcool que l’on boit réellement, surtout lorsque les verres servis au restaurant et les cocktails préparés à la maison ont tendance à être plus généreux qu’un « verre standard » officiel.
7. Rester assis pendant de longues périodes
Le manque d’activité physique est directement lié à un risque accru de stéatose hépatique non alcoolique, même chez les personnes qui ne sont pas en surpoids. Une activité physique régulière aide l’organisme à brûler les graisses plus efficacement, ce qui réduit la quantité de graisse qui s’accumule dans le foie. Il n’est pas nécessaire de devenir un habitué de la salle de sport du jour au lendemain ; il a été démontré que même une marche régulière améliore les marqueurs de santé hépatique au fil du temps.
8. Consommer régulièrement des aliments hautement transformés
Les aliments ultra-transformés regorgent généralement de glucides raffinés, de sucres ajoutés, d’additifs artificiels et de graisses malsaines qui obligent le foie à fournir un effort supplémentaire pour assimiler et détoxifier ce qu’il reçoit. Des études ont montré qu’une alimentation riche en aliments ultra-transformés est étroitement liée à une augmentation des cas de stéatose hépatique, indépendamment de l’apport calorique total. Plus vous intégrez d’aliments complets et peu transformés à votre alimentation, moins vous imposez de stress inutile à votre foie.
9. Ne pas prendre en charge un diabète de type 2 non contrôlé
Un diabète de type 2 mal contrôlé et l’insulinorésistance comptent parmi les principaux facteurs de risque de développer une maladie hépatique grave. Lorsque les cellules deviennent résistantes à l’insuline, le foie réagit en produisant davantage de glucose et en stockant plus de graisses, deux phénomènes qui, à long terme, contribuent à endommager le foie. Il est essentiel de maintenir la glycémie sous contrôle grâce à un régime alimentaire, à l’activité physique et à la prise de médicaments (si prescrits) pour préserver la santé du foie à long terme.
10. Partager des aiguilles ou des articles d'hygiène personnelle
L’hépatite B et l’hépatite C sont toutes deux des infections virales graves qui, si elles ne sont pas traitées, peuvent entraîner des lésions hépatiques à long terme, une cirrhose et un cancer du foie. L’hépatite C, en particulier, se transmet le plus souvent par le partage d’aiguilles, mais l’hépatite B peut également se propager par le partage de rasoirs, de brosses à dents ou d’autres objets susceptibles de contenir des traces de sang. Se faire dépister régulièrement, surtout si vous faites partie d’un groupe à risque, est l’une des mesures les plus importantes que vous puissiez prendre pour détecter ces infections à un stade précoce.
11. Consommation excessive de vitamine A
La vitamine A est un nutriment essentiel, mais c’est une vitamine liposoluble, ce qui signifie que votre corps la stocke plutôt que d’éliminer l’excès, et que ces réserves s’accumulent dans le foie. La prise de compléments alimentaires à forte dose de vitamine A sur une longue période peut entraîner une affection appelée hypervitaminose A, qui provoque une inflammation du foie et, dans les cas graves, des lésions hépatiques irréversibles. Vous n’avez probablement pas besoin de prendre de compléments alimentaires à base de vitamine A si vous avez une alimentation raisonnablement variée, car cette vitamine est abondante dans des aliments tels que les patates douces, les carottes et les légumes verts à feuilles.
12. Consommer fréquemment des boissons énergisantes
Les boissons énergisantes constituent une source étonnamment sous-estimée de stress pour le foie, bien qu’elles combinent des doses élevées de caféine, de sucres ajoutés et d’additifs à base de plantes, tels que la niacine et le guarana, en quantités bien supérieures à celles que l’on trouve dans d’autres boissons. De nombreux cas documentés d’insuffisance hépatique liée à la consommation de boissons énergisantes ont été recensés, en particulier chez les personnes qui en consomment quotidiennement ou en grandes quantités. Si vous comptez sur les boissons énergisantes pour tenir le coup toute la journée, il vaut la peine de réfléchir aux conséquences de cette habitude sur votre foie à long terme.
13. Consommation de drogues récréatives
De nombreuses drogues récréatives, notamment la cocaïne, la MDMA et diverses substances synthétiques, sont connues pour être hépatotoxiques, c’est-à-dire qu’elles sont directement toxiques pour les cellules hépatiques. Même une consommation occasionnelle peut provoquer une inflammation aiguë du foie, et une exposition répétée au fil du temps peut entraîner des lésions plus graves et durables. Le risque est accru lorsque ces drogues sont associées à l’alcool, que le foie tente également de métaboliser en même temps.
14. Manger des aliments moisis
Plutôt que de simplement découper les parties visibles, jeter les aliments présentant des traces de moisissure est une bonne habitude qui protège réellement votre foie (et c’est d’ailleurs quelque chose que vous devriez faire de toute façon). Les aflatoxines sont des composés toxiques produits par certaines moisissures qui se développent sur des aliments tels que les arachides, le maïs et les fruits à coque, et elles comptent parmi les cancérigènes naturels les plus puissants connus de la science. Une exposition régulière aux aflatoxines, même à de faibles doses, a été fortement associée au cancer du foie, en particulier lorsqu’elle est combinée à une infection chronique par l’hépatite B.
15. Prise à long terme de certains médicaments sur ordonnance
Certains médicaments couramment prescrits, notamment certaines statines, certains antifongiques, antidépresseurs et antibiotiques, présentent un risque de toxicité hépatique en cas d’utilisation à long terme ou à forte dose. Cela ne signifie pas pour autant que vous deviez arrêter de prendre vos médicaments sur votre propre initiative ; les bénéfices l’emportent presque toujours sur les risques lorsque le traitement est correctement suivi. Cela signifie simplement qu’il est important de faire régulièrement contrôler votre fonction hépatique si vous suivez un traitement à long terme, afin que tout problème puisse être détecté et traité à un stade précoce.
16. Avoir un excès de graisse abdominale
La graisse viscérale, ce type de graisse qui s’accumule autour des organes abdominaux plutôt que simplement sous la peau, est étroitement liée à l’accumulation de graisse dans le foie et à l’inflammation hépatique. Ce type de graisse est métaboliquement actif et libère des substances susceptibles de favoriser directement l’inflammation du foie et de contribuer au développement de la stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD). Il a été démontré que même une perte de poids modérée au niveau de la région abdominale améliore considérablement les marqueurs de santé hépatique, ce qui fait du tour de taille l’un des indicateurs les plus significatifs à surveiller.
17. Boire de l'eau non filtrée ou contaminée
Les agents pathogènes présents dans l’eau, notamment le virus de l’hépatite A, certaines bactéries et les contaminants chimiques, peuvent atteindre le foie par le biais du système digestif et provoquer une inflammation ou une infection. L’hépatite A, en particulier, est une infection virale du foie qui se transmet par l’intermédiaire d’aliments et d’eau contaminés ; bien qu’elle soit souvent bénigne, les cas graves peuvent entraîner une insuffisance hépatique aiguë. Lorsque vous voyagez dans des régions où la qualité de l’eau est moins sûre, privilégier l’eau en bouteille ou correctement filtrée est un moyen simple de réduire ce risque.
18. Ne pas tenir compte d'un taux de cholestérol élevé
Un taux élevé de cholestérol LDL et de triglycérides ne constituent pas seulement des facteurs de risque de maladies cardiaques, mais sont également étroitement liés à la stéatose hépatique, car le foie joue un rôle central dans la production et l’élimination du cholestérol. Lorsque les taux de lipides restent élevés pendant de longues périodes, les graisses ont tendance à s’accumuler plus facilement dans le foie, ce qui peut évoluer vers une inflammation et une fibrose si rien n’est fait. Effectuer régulièrement des analyses sanguines et travailler avec votre médecin pour contrôler votre cholestérol par le biais d’un régime alimentaire, d’une activité physique ou d’un traitement médicamenteux permet de protéger à la fois votre système cardiovasculaire et votre foie.
19. Ne pas faire vacciner ses enfants
L’hépatite A et l’hépatite B sont toutes deux des maladies évitables par la vaccination, mais une part importante des adultes n’a pas reçu la vaccination complète contre l’une d’entre elles, voire contre les deux. L’hépatite B, en particulier, peut évoluer vers une infection chronique qui endommage silencieusement le foie pendant des années avant l’apparition des symptômes ; elle est l’une des principales causes de cirrhose et de cancer du foie dans le monde. Vérifier votre statut vaccinal auprès de votre médecin est l’une des mesures les plus simples et les plus efficaces que vous puissiez prendre pour protéger votre foie contre les lésions virales à long terme.
20. Le stress chronique non pris en charge
Un stress psychologique prolongé déclenche une libération continue de cortisol et d’autres hormones du stress qui, à long terme, peuvent contribuer à une inflammation systémique, y compris au niveau du foie. Des recherches ont également montré que le stress chronique est associé à une augmentation des comportements néfastes pour la santé, tels que la consommation d’alcool, une mauvaise alimentation et des troubles du sommeil, qui constituent tous une charge supplémentaire pour le foie. Trouver des moyens réguliers de gérer le stress, que ce soit par l’exercice physique, la thérapie, la pleine conscience ou même simplement de meilleures habitudes de sommeil, peut faire une réelle différence pour la santé du foie à long terme.