20 façons dont les parents apprennent involontairement à leurs enfants à cacher leurs sentiments
La plupart des parents n’ont pas pour objectif d’apprendre à leurs enfants à cacher leur tristesse, leur colère, leur peur, leur gêne ou leur déception. Cela se produit généralement dans de petits moments du quotidien, lorsque les adultes sont fatigués, occupés, stressés ou qu’ils essaient de faire avancer la journée. Un enfant peut ainsi apprendre que certains sentiments créent des problèmes, ralentissent tout le monde ou mettent les adultes mal à l’aise. Avec le temps, il peut en venir à penser qu’il est plus facile de faire comme si de rien n’était que d’expliquer ce qu’il ressent réellement. Voici 20 façons dont les parents apprennent involontairement à leurs enfants à cacher leurs sentiments.
1. Leur dire « Tout va bien »
Dire « ça va » peut être une réaction instinctive lorsqu’un enfant tombe, pleure ou est bouleversé. Les parents le disent souvent pour le rassurer, mais cela peut donner l’impression qu’ils minimisent ce qu’il ressent. L’enfant peut alors commencer à penser qu’il doit ignorer sa douleur ou sa gêne au lieu de les exprimer.
2. Les précipiter à travers les larmes
Les parents très occupés souhaitent parfois que les pleurs cessent rapidement, car le dîner, l’heure du coucher, l’école ou les courses les attendent. Le problème, c’est que les enfants peuvent interpréter cette urgence comme une désapprobation. S’ils sont sans cesse pressés de surmonter leur tristesse, ils risquent de commencer à la cacher pour ne pas déranger.
3. Les féliciter uniquement parce qu’ils sont « faciles »
Dire d’un enfant qu’il est « si facile » ou qu’il « ne pose jamais de problème » peut sembler positif, mais cela peut aussi lui mettre la pression. Certains enfants en viennent à croire qu’être aimé signifie ne pas donner de fil à retordre. Ils peuvent alors cesser d’exprimer leurs sentiments négatifs, de peur de perdre cette image que les adultes admirent.
4. Réagir vivement à leur colère
La colère d’un enfant peut être bruyante, déchaînée et survenir au pire moment. Lorsque les parents réagissent par la stupéfaction, la punition ou la peur, l’enfant peut en conclure qu’il n’est pas sûr d’exprimer sa colère. Cela ne fait pas disparaître la colère ; cela apprend simplement à l’enfant à la refouler, à la dissimuler ou à la laisser s’exprimer de manière détournée.
5. Se moquer de leurs inquiétudes
Les adultes ont parfois tendance à oublier à quel point les petits soucis peuvent sembler importants aux yeux des enfants. La peur du noir, un exposé à l’école ou un problème d’amitié peuvent paraître insignifiants aux yeux des parents. Si un enfant est moqué ou taquiné parce qu’il s’inquiète, il risque de ne plus oser en parler.
6. Les comparer à un frère ou une sœur plus calme
Dire « ta sœur ne réagit pas comme ça » n’aide généralement pas. Cela peut donner à l’enfant l’impression d’être « défectueux » parce qu’il a une réaction émotionnelle plus forte. Au lieu d’apprendre à gérer ses émotions, il risque d’assimiler la honte et la rivalité.
7. Considérer la sensibilité comme un défaut
Certains enfants sont très sensibles, perçoivent rapidement le ton de la voix et réagissent vivement face à une déception. Si leurs parents les qualifient de « dramatiques », de « fragiles » ou de « trop sensibles », l’enfant peut commencer à cacher ses réactions. Il peut alors en venir à croire que son mode d’expression émotionnelle naturel est un problème que les autres doivent supporter.
8. Ne les écouter que lorsqu’ils s’énervent
Si les petits signes d’un enfant passent inaperçus, celui-ci risque d’en conclure que seules les réactions violentes attirent l’attention. Un « Je ne veux pas y aller » murmuré peut être ignoré, tandis qu’une crise de colère finira par faire taire tout le monde. Avec le temps, l’enfant risque de ne plus savoir comment exprimer ses sentiments avant d’atteindre son point de rupture.
9. Transformer chaque émotion en leçon
Les parents ont souvent envie de donner des conseils, ce qui est tout à fait compréhensible. Cependant, si chaque émotion donne immédiatement lieu à un sermon, l’enfant risque de ne plus se confier. Parfois, il a davantage besoin de réconfort que de conseils, surtout lorsqu’il se sent déjà submergé. Il y aura bien le temps pour la leçon une fois que son système nerveux aura eu le temps de se calmer.
10. S'attendre à des excuses immédiates
Les excuses sont importantes, mais les excuses forcées peuvent amener les enfants à feindre le remords avant même d’en avoir compris le sens. S’ils sont poussés à s’excuser alors qu’ils sont encore en colère ou blessés, ils risquent d’apprendre à cacher leurs véritables sentiments et à prononcer les mots qui conviennent. Cela peut donner lieu à un comportement poli sans véritable réconciliation.
11. Apprendre à accepter la tristesse
Certains parents savent gérer les problèmes concrets, mais ont du mal à réagir lorsqu’un enfant est simplement triste. Ils peuvent alors essayer de le distraire, de lui remonter le moral, de « régler le problème » ou de minimiser ce sentiment sur-le-champ, ce qui est compréhensible mais n’est pas toujours la meilleure approche. Accompagner l’enfant dans sa tristesse, en silence, peut lui apprendre qu’il est possible de surmonter les émotions difficiles.
12. Partager leurs moments intimes en public
Une anecdote amusante sur une crise de colère, une peur embarrassante ou une confession émouvante peuvent sembler anodines à partager avec des proches ou des amis. Pour un enfant, cela peut donner l’impression que sa vie émotionnelle intime n’est pas protégée. S’il craint que ses sentiments ne deviennent un sujet de divertissement, il risque de ne plus se confier pleinement aux adultes.
13. Les juger sur leurs pires moments
Qualifier un enfant de « celui qui fait des scènes », « celui qui se met en colère » ou « celui qui est timide » peut avoir des conséquences plus durables que ne le pensent les parents. Les enfants finissent souvent par se conformer aux étiquettes qu’on leur colle, ou bien ils cachent certaines facettes de leur personnalité pour y échapper. Une période difficile ne doit pas devenir une identité permanente.
14. Utiliser la culpabilité pour réprimer ses émotions
Des phrases telles que « après tout ce que je fais pour toi » ou « tu me rends triste » peuvent amener les enfants à se sentir responsables des sentiments des adultes. Ils peuvent alors commencer à cacher leurs propres émotions pour éviter de mettre leur parent mal à l’aise. C’est une lourde charge pour un enfant, même si le parent n’avait pas l’intention de la lui confier.
15. Récompenser trop la ténacité
Il est naturel de féliciter un enfant pour son courage, sa force ou son maturité. Le problème survient lorsque la ténacité est davantage valorisée que l’honnêteté. Un enfant peut alors en venir à croire que les larmes, la peur ou le besoin d’affection sont des signes de faiblesse.
16. Surmonter la peine liée à l'amitié
Les adultes savent que bon nombre des drames liés à l’amitié entre enfants finiront par s’estomper, mais les enfants les vivent en temps réel. Dire « tu t’en remettras » ou « ce n’est pas grave » peut donner à un enfant l’impression d’être ridicule de s’en soucier. Les relations d’amitié constituent l’un des principaux cadres dans lesquels les enfants apprennent ce que sont le sentiment d’appartenance, le rejet, la confiance et la réconciliation.
17. S'attendre à ce qu'ils soient reconnaissants à la place
La gratitude est importante, mais elle ne doit pas servir à faire oublier les sentiments difficiles. Un enfant peut à la fois avoir de la chance et être déçu, se sentir aimé et être en colère, se sentir en sécurité et être triste. Lorsque les parents répondent aux plaintes de leur enfant en lui rappelant tout ce qu’il a, celui-ci risque d’apprendre que les émotions négatives sont un signe d’ingratitude.
18. Être trop occupé pour s'en rendre compte
Les parents doivent souvent jongler entre le travail, les factures, les repas, les messages, les emplois du temps et une douzaine de petites urgences. Pourtant, les enfants peuvent interpréter cette agitation constante comme un signe que leurs sentiments ne méritent pas qu’on s’interromme pour s’en occuper. Ils peuvent alors cesser d’essayer de parler, car le moment ne semble jamais opportun.
19. Sanctionner trop sévèrement l'honnêteté
Si un enfant dit la vérité au sujet d’une erreur et suscite une réaction excessive, il risque de penser que l’honnêteté est dangereuse. Il peut toujours y avoir des conséquences, mais la réaction doit laisser la porte ouverte à de futures confessions. Lorsque les parents font en sorte que les aveux soient perçus comme un risque, les enfants peuvent commencer à cacher à la fois leurs comportements et leurs sentiments.
20. Ne jamais laisser transparaître leurs propres émotions saines
Les enfants apprennent de ce que leurs parents leur montrent, et pas seulement de ce qu’ils leur disent. Si les adultes n’expriment jamais leur tristesse, leur peur, leurs regrets ou leur stress de manière saine, les enfants peuvent en conclure que ces sentiments doivent rester cachés. Ils n’ont pas besoin que leurs parents se livrent à outrance ou s’effondrent devant eux, mais ils tirent profit du fait de voir des adultes mettre des mots sur leurs émotions, les gérer et se reconstruire quand c’est nécessaire.