20 façons courantes dont les personnes qui utilisent la thérapie comme une arme s’expriment dans leurs relations
Le jargon thérapeutique peut s’avérer extrêmement utile lorsqu’il aide les gens à mettre des mots sur leurs sentiments, à fixer des limites, à communiquer clairement et à comprendre leurs schémas de comportement habituels. Le problème survient lorsque ces mots sont sortis de leur contexte et utilisés pour gagner des disputes, se soustraire à ses responsabilités, occulter un malaise ou faire passer une personne pour automatiquement plus « saine » qu’une autre. Une expression qui, à l’origine, était un outil de prise de conscience de soi peut se transformer en un moyen très raffiné d’éviter de faire le travail difficile. Dans les relations, le jargon thérapeutique devrait favoriser davantage d’honnêteté et d’attention, et non fournir à quelqu’un un vocabulaire plus sophistiqué pour justifier un mauvais comportement. Voici 20 façons courantes dont les gens utilisent le jargon thérapeutique comme une arme dans leurs relations, auxquelles il faut prêter attention.
1. Qualifier tout désaccord de « toxique »
« Toxique » est un terme grave, mais certaines personnes l’utilisent dès qu’une conversation devient gênante. Si vous n’êtes pas d’accord avec elles, si vous remettez en question leur comportement ou si vous exprimez votre peine, elles risquent de qualifier l’échange tout entier de « toxique » au lieu d’aborder ce qui s’est réellement passé. Toutes les conversations difficiles ne sont pas toxiques ; parfois, elles sont simplement d’une honnêteté dérangeante.
2. Utiliser les « limites » pour se soustraire à ses responsabilités
Les limites ont pour but de protéger votre bien-être, et non de vous permettre d’échapper aux conséquences de vos actes. Il arrive que quelqu’un vous dise : « Ma limite, c’est que je ne parlerai pas de ça », juste après vous avoir blessé ou avoir trahi votre confiance. Cela peut sembler être un signe de maturité émotionnelle, mais cela risque en réalité d’empêcher toute réconciliation.
3. Qualifier la mise en cause de ses responsabilités d’« attaque »
Quand quelqu’un se sert du jargon psychologique comme d’une arme, il peut qualifier toute critique d’attaque. Vous pourriez lui expliquer calmement en quoi son comportement vous a affecté, mais il réagira comme si vous lui aviez lancé une véritable offensive émotionnelle. Cela détourne l’attention du problème et la concentre plutôt sur le besoin de le réconforter face à cette confrontation.
4. Dire « Je préserve ma tranquillité » pour te tenir à l'écart
Préserver sa tranquillité d’esprit peut être salutaire lorsqu’il s’agit de s’éloigner du chaos, de la violence ou des drames incessants. Cela devient problématique lorsque quelqu’un utilise cette excuse pour éviter toute conversation qui lui demande de faire un effort. Cette personne peut disparaître, refuser de s’expliquer ou ignorer vos sentiments tout en prétendant qu’il s’agit de prendre soin d’elle-même.
5. Vous traiter de « susceptible » pour minimiser vos sentiments
Se sentir déclenché est une expérience bien réelle, surtout pour les personnes ayant vécu des traumatismes. Mais certaines personnes utilisent ce terme pour laisser entendre que votre réaction est irrationnelle, exagérée ou qu’elle ne mérite pas d’être prise au sérieux. Au lieu de vous demander pourquoi quelque chose vous a blessé, elles réduisent votre réaction à un simple dysfonctionnement émotionnel.
6. Recourir au « gaslighting » pour de simples malentendus
Le « gaslighting » consiste à manipuler quelqu’un pour qu’il remette en question sa propre réalité ; il s’agit d’une forme grave de violence psychologique. Cela ne signifie pas simplement que quelqu’un se souvient différemment d’une conversation, qu’il n’est pas d’accord avec votre interprétation ou qu’il a oublié de répondre à un SMS. Lorsque ce terme est utilisé à la légère, cela peut transformer n’importe quel conflit en accusation de violence.
7. Qualifier leur comportement blessant de « réaction traumatique »
Un passé marqué par des traumatismes peut expliquer certaines réactions, mais cela n’excuse pas les comportements préjudiciables. Une personne peut s’en prendre à vous, disparaître, vous insulter ou se montrer dominatrice, puis prétendre que ce n’était qu’une réaction liée à son traumatisme. Cela peut certes faire partie de l’explication, mais cela ne saurait constituer l’intégralité du processus de guérison.
8. Vous traiter de « codépendant » parce que vous aspirez à la proximité
La codépendance existe bel et bien, mais elle ne doit pas être confondue avec le besoin d’attention, de stabilité ou de lien affectif. Une personne peut vous traiter de codépendant lorsque vous demandez simplement un peu de réconfort, du temps à passer ensemble ou des éclaircissements sur votre relation. Cela peut donner l’impression que des besoins d’attachement tout à fait normaux sont en réalité malsains.
9. Vous juger pendant les disputes
Certaines personnes transforment les conflits en une sorte de diagnostic psychologique à la va-vite. Au lieu de dire « Ça m’a blessé quand tu as fait ça », elles s’exclament : « Tu es clairement du type évitant », « Tu es narcissique » ou « C’est ton attachement anxieux qui parle ». Même s’il y a une part de vérité là-dedans, poser un diagnostic à quelqu’un en pleine dispute est généralement plus humiliant qu’utile.
10. Utiliser le « travail émotionnel » pour refuser de prodiguer des soins élémentaires
Le « travail émotionnel » est un concept utile, en particulier lorsqu’une personne doit constamment gérer les sentiments d’une autre ou le stress du quotidien. Il perd toutefois tout son sens lorsque quelqu’un s’en sert pour se soustraire à de simples gestes de gentillesse. Écouter son partenaire, prendre de ses nouvelles après une journée difficile ou lui offrir du réconfort ne constituent pas automatiquement une charge injuste.
11. Qualifier tous les besoins d’« attentes »
Certaines personnes utilisent le mot « attentes » comme si le simple fait d’avoir des besoins faisait de vous quelqu’un d’exigeant. Si vous demandez de la communication, de l’honnêteté, de l’affection ou du sérieux, elles pourraient vous reprocher de leur imposer des attentes. Cela revient à présenter les normes élémentaires d’une relation comme une pression déraisonnable.
12. Dire « C'est ton propre point de vue » trop vite
On parle de projection lorsqu’une personne attribue ses propres sentiments ou motivations à quelqu’un d’autre. Mais cette expression peut être utilisée à tort et à travers pour éluder une critique. Si vous dites : « Je me suis senti ignoré », et qu’on vous répond : « Tu fais de la projection », cela signifie peut-être qu’on passe à côté de ce que vous avez réellement vécu.
13. Utiliser l’argument « Je fais le travail » comme excuse
Le développement personnel est important, et personne ne change du jour au lendemain. Pour autant, le simple fait de dire « je fais des efforts » n’efface pas automatiquement l’impact d’un comportement blessant répété. Il se peut que quelqu’un utilise son parcours de guérison comme une raison pour vous interdire d’être contrarié.
14. Qualifier vos limites d’« abandon »
Si vous avez besoin d’espace, d’intimité ou de temps pour réfléchir, votre partenaire pourrait vous reprocher de l’abandonner. Cela peut vous faire culpabiliser d’avoir fixé une limite raisonnable. Sa crainte est peut-être réelle, mais cela ne signifie pas pour autant que votre limite est injustifiée. Une relation saine laisse place à la fois à la complicité et à un peu d’espace pour respirer.
15. Dire « Je ne dois rien à personne »
Cette phrase peut être source de force lorsqu’on se libère d’un besoin constant de plaire aux autres ou d’exigences injustes. Dans une relation, cependant, elle peut très vite paraître froide. Les partenaires se doivent mutuellement un respect, une honnêteté, une communication et une attention de base s’ils ont accepté de faire partie de la vie l’un de l’autre.
16. Qualifier de « narcissique » toute personne qui les contrarie
Le narcissisme est un véritable sujet clinique et comportemental, mais la culture du web en a fait une insulte passe-partout. Certains qualifient de narcissique n’importe quel ex égoïste, ami difficile ou partenaire décevant. Cela revient à réduire des comportements complexes à une étiquette simpliste.
17. Qualifier la réparation de « volonté de plaire »
S’excuser, faire des concessions et essayer d’arranger les choses ne revient pas toujours à chercher à plaire à tout le monde. Parfois, cela fait simplement partie d’une relation avec une autre personne. Il arrive qu’une personne refuse de réparer ses torts en prétextant qu’elle ne cherche pas à plaire à tout le monde, même lorsqu’elle a causé du tort.
18. Utiliser le « soin de soi » pour justifier l'égoïsme
Prendre soin de soi est important, mais cela peut être utilisé à mauvais escient pour justifier des choix qui ne tiennent pas compte des autres. Annuler sans cesse ses projets, refuser de communiquer, ignorer ses responsabilités communes ou prendre des décisions unilatérales : tout cela ne peut pas être justifié par un masque facial et une citation sur le bien-être. Prendre véritablement soin de soi devrait vous aider à mieux vous investir, et non vous donner le droit de vous dérober dès que l’on vous demande de rendre des comptes.
19. Transformer le « style d'attachement » en une identité figée
Le langage de l’attachement peut aider à comprendre certains schémas, mais il ne doit pas servir d’excuse permanente. On pourrait entendre des remarques telles que : « Je suis du type évitant, c’est comme ça que je suis », ou « Tu es anxieux, donc tes besoins ne comptent pas ». Cela transforme un cadre conceptuel utile en une impasse relationnelle.
20. Dire « Je ne fais qu’exprimer ma vérité » pour éviter d’avoir un impact
Dire sa vérité peut être très fort lorsqu’il s’agit d’être honnête sur son expérience. Cela devient une arme lorsque quelqu’un s’en sert pour tenir des propos cruels sans se soucier de leurs conséquences. « Ma vérité » ne rend pas pour autant chaque déclaration bienveillante, exacte ou juste. L’honnêteté doit toujours s’accompagner de responsabilité, surtout lorsque c’est une autre personne qui doit la recevoir.