20 choses que les jeunes employés aimeraient que leurs responsables cessent d’appeler « professionnalisme »
Le professionnalisme devrait impliquer de fournir un travail de qualité, de communiquer clairement, de respecter le temps des autres et de gérer les conflits avec maturité. Cependant, ce terme a pris une acception trop large et est désormais utilisé pour juger tout et n’importe quoi, des coiffures et tenues vestimentaires à la présence devant la caméra lors des réunions, en passant par les réponses aux e-mails tard le soir et l’impression de « être débordé » à son bureau. Les jeunes employés ne recherchent généralement pas un lieu de travail dépourvu de normes, de retours d’expérience ou de responsabilité. Ils souhaitent plutôt que leurs responsables fassent la distinction entre les attentes légitimes et les règles fondées sur le contrôle, la routine ou les préférences personnelles. Voici 20 choses que les jeunes employés aimeraient que leurs responsables cessent de qualifier de « professionnalisme ».
1. Être disponible en dehors des heures de bureau
Il arrive parfois qu’on reçoive un ou deux messages tardifs, surtout quand il s’agit d’une urgence absolue. Le problème commence lorsque le professionnalisme se transforme insidieusement en habitude de répondre à ses e-mails pendant le dîner, de consulter ses messages avant de se coucher ou de prouver son engagement en ne se déconnectant jamais complètement. Il vaut mieux définir clairement les délais de réponse plutôt que d’exercer une pression vague.
2. Rester tard
Il y a une différence entre donner un coup de main pendant une semaine chargée et rester au bureau simplement parce que partir à l’heure pourrait paraître suspect. Certains lieux de travail continuent de considérer les heures supplémentaires visibles comme la preuve que l’on s’investit, même lorsque le travail est déjà terminé. Cela revient à récompenser davantage l’apparence de l’engagement que les résultats concrets.
3. Arrivée au bureau
La présence au bureau peut s’avérer utile pour l’intégration des nouveaux collaborateurs, les séances de réflexion, les réunions avec les clients et l’instauration d’un climat de confiance au sein de l’équipe. Il est toutefois frustrant que les employés fassent le trajet pour venir s’asseoir à leur bureau et participer à des visioconférences auxquelles ils auraient pu assister depuis chez eux. Les jeunes actifs ne sont pas systématiquement opposés au bureau ; ce qu’ils rejettent, ce sont les journées passées au bureau sans objectif précis.
4. Règles vestimentaires
Les codes vestimentaires peuvent se justifier dans les métiers où la sécurité, l’hygiène ou les attentes des clients sont primordiales. Ce qui semble dépassé, c’est de considérer que les baskets, les tatouages, les vestes aux couleurs vives ou les tenues décontractées rendent automatiquement quelqu’un moins compétent : être bien préparé importe davantage que de correspondre à une vision dépassée de la vie au bureau.
5. Règles relatives à la coiffure
Les règles relatives à la coiffure peuvent sembler neutres tant qu’elles ne ciblent pas certaines textures de cheveux, certains styles ou certaines normes culturelles plus que d’autres. Qualifier les tresses, les dreadlocks, les twists, les coupes afro ou les boucles naturelles de « non professionnelles » revient à faire d’un préjugé une norme sur le lieu de travail.
6. S'attendre à ce que tout le monde adapte son langage
De nombreux employés adaptent leur façon de parler, de rire, de s’habiller ou de se comporter pour s’intégrer dans leur milieu professionnel. Si certaines adaptations sont d’ordre pratique, le fait de devoir constamment se censurer peut s’avérer épuisant, surtout lorsque le « raffinement » revient en réalité à l’uniformité. Une communication claire ne devrait pas obliger quelqu’un à dissimuler toute sa personnalité.
7. Laisser la caméra allumée pendant les réunions
Il arrive que les caméras soient utiles, notamment lors des présentations, des entretiens ou des conversations plus délicates. Cela ne signifie pas pour autant que chaque point de situation nécessite une grille complète de visages fatigués faisant semblant de ne pas jeter un œil à leurs e-mails. La participation compte davantage que d’être visible à chaque instant.
8. La nécessité de répondre immédiatement
Les réponses rapides peuvent être utiles, mais elles peuvent aussi morceler la journée au point que personne ne parvienne à mener à bien un travail approfondi. Lorsque chaque message semble urgent, les collaborateurs passent sans cesse d’une notification à l’autre au lieu de terminer le travail pour lequel ils ont été embauchés. De meilleures règles de communication aident chacun à distinguer ce qui nécessite une réponse immédiate de ce qui peut attendre.
9. Considérer les questions comme un signe de faiblesse
Les nouveaux employés posent souvent des questions parce qu’ils cherchent à éviter les erreurs, à comprendre le contexte ou à apprendre les règles tacites dont tout le monde a oublié qu’elles étaient tacites. Les responsables qui sanctionnent les questions se retrouvent généralement avec des employés qui se contentent de deviner en silence. C’est ainsi que de petits malentendus se transforment en problèmes plus graves.
10. Qualifier le « pushback » d’« attitude »
Il y a une réelle différence entre manquer de respect et exprimer son désaccord. Les jeunes employés peuvent être considérés comme « difficiles » simplement parce qu’ils demandent pourquoi un processus existe, signalent un délai irréaliste ou mettent le doigt sur un problème que tout le monde a remarqué en silence. Une contestation respectueuse peut fournir aux responsables des informations utiles, et non pas simplement un motif de plus pour les faire taire.
11. Donner des retours vagues
« Sois plus professionnel » : cela semble sérieux, mais souvent, cela n’apporte pratiquement aucune information à l’employé. Des exemples concrets et des mesures à prendre sont bien plus utiles que de laisser la personne deviner si le problème concernait un e-mail, une réunion, un délai non respecté ou l’humeur d’un responsable. Un accompagnement ciblé donne aux employés des éléments concrets à améliorer.
12. Éviter les discussions sur le salaire
Dans certains lieux de travail, on continue de considérer qu’il est de mauvais goût d’aborder les questions de salaire, d’augmentations ou d’avantages sociaux. Les jeunes salariés perçoivent souvent ces discussions comme des échanges concrets, d’autant plus que le coût de la vie ne cesse d’augmenter et que les choix de carrière ont un réel impact financier. Le silence autour des questions d’argent profite souvent à ceux qui détiennent le pouvoir.
13. Exiger une loyauté inconditionnelle
Les responsables se plaignent parfois que les jeunes employés ne restent pas, alors qu’ils leur proposent peu de formation, des perspectives d’évolution floues et des augmentations salariales qui ne suivent pas le rythme de l’accroissement de leurs responsabilités. La fidélité a du mal à s’installer dans de telles conditions. Si une entreprise souhaite susciter l’engagement de ses collaborateurs, elle doit leur offrir de réelles perspectives d’avenir.
14. La méfiance envers les outils modernes
Un téléphone lors d’une réunion peut être source de distraction, mais il peut aussi servir de bloc-notes, d’agenda, d’outil d’accessibilité ou de moyen rapide pour consulter un fichier partagé. Des directives judicieuses en matière de confidentialité, de précision et de consentement s’avèrent plus efficaces qu’une méfiance généralisée. La question n’est pas de savoir si un outil existe, mais comment il est utilisé.
15. Ne pas prendre au sérieux la santé mentale
Les jeunes employés parlent souvent plus ouvertement du stress, du burn-out et de la santé mentale que ne se sentaient autorisées à le faire les générations précédentes. Fixer des limites ne signifie pas que l’on refuse de travailler dur ; cela signifie souvent que l’on essaie de continuer à travailler sans s’épuiser. Un effort durable reste tout aussi important.
16. Atteindre les intérêts de PTO
Les congés payés font partie intégrante de nombreux systèmes de rémunération ; il ne s’agit pas d’un privilège accordé par un « monarque » généreux au sein de l’entreprise. Les responsables peuvent compter sur une bonne organisation, une prise en charge des tâches et un préavis suffisant, sans que le fait de se reposer ne soit perçu comme une trahison. Une équipe ne devrait pas dépendre du fait que chacun se sente trop coupable pour prendre une pause.
17. Privilégier la performance sociale plutôt que la performance professionnelle
Certains employés excellent dans les discussions de couloir, les apéros, les invitations à déjeuner et les contacts informels avec la direction. D’autres sont plus discrets, travaillent à distance, présentent une neurodiversité, s’occupent d’un proche après le travail, font de longs trajets ou sont tout simplement moins enclins à transformer chaque journée de travail en occasion de réseautage. Les relations interpersonnelles sont importantes, mais elles ne devraient pas entrer en ligne de compte dans l’évaluation des performances.
18. Le ton utilisé par les forces de l'ordre
Le ton a son importance lorsque quelqu’un se montre hostile, négligent ou dédaigneux. Cependant, dire « fais attention à ton ton » peut être un moyen facile d’écarter une préoccupation réelle, surtout lorsqu’une remarque directe concernant un délai irréaliste est considérée comme un manque de respect. Les responsables devraient s’attacher au fond du propos avant de réagir à la manière dont il est formulé.
19. Utiliser le « Culture Fit » pour limiter le cercle
L’expression « adéquation culturelle » peut sembler anodine, mais elle revient souvent à privilégier ceux qui ressemblent déjà aux dirigeants. Il vaut mieux se demander si une personne est capable de bien faire son travail, de collaborer dans le respect et d’apporter une contribution utile à l’équipe. Il ne faut pas confondre familiarité et adéquation.
20. L'obéissance, c'est le respect
Le respect au travail doit être réciproque. Les employés doivent répondre à des attentes raisonnables, communiquer clairement et traiter leurs collègues avec bienveillance, tandis que les responsables doivent expliquer leurs décisions, respecter le temps de travail de chacun et assumer leurs erreurs. Les jeunes employés ne rejettent pas le professionnalisme ; ils rejettent cette conception qui consiste à se taire et à accepter la pression comme une preuve de force de caractère.