Faire craquer une articulation chez soi peut procurer une certaine satisfaction, surtout lorsque l’on se sent un peu trop raide. Nous avons d’ailleurs tous déjà fait craquer suffisamment de doigts ou de nuques pour savoir qu’il n’y a aucun danger à le faire chez soi… n’est-ce pas ? Eh bien, pas si vite ! Toutes les zones raides du corps ne se prêtent pas forcément à des expériences à domicile, et nous sommes là pour vous expliquer lesquelles vous devriez laisser aux professionnels et lesquelles vous pouvez manipuler en toute sécurité chez vous.
1. Knuckles
Les articulations des doigts sont sans doute celles que l’on fait craquer le plus souvent chez soi ; elles craquent souvent lorsqu’on étire doucement ses doigts ou qu’on serre légèrement le poing. De nos jours, on peut ressentir une légère raideur après avoir tapé au clavier ou tenu son téléphone trop longtemps, ce qui explique pourquoi on s’occupe souvent soi-même de ces craquements. Évitez simplement de tirer trop fort sur vos doigts : le confort prime sur le bruit.
2. Poignets
Croyez-le ou non, il arrive parfois que les poignets craquent lorsque vous les faites tourner lentement en petits cercles ou que vous les fléchissez doucement après avoir effectué des tâches répétitives. Cela peut en effet se produire après avoir utilisé une souris d’ordinateur ou effectué des tâches ménagères légères. L’essentiel est de garder un mouvement contrôlé, surtout si vous avez déjà souffert de douleurs au poignet ou d’une faiblesse de la prise.
3. Les coudes
Il arrive que les coudes émettent un craquement lorsque vous tendez ou pliez le bras après l’avoir maintenu dans la même position pendant un certain temps, notamment après vous être appuyé sur un bureau, avoir tenu un livre ou avoir posé votre bras sur le canapé. Évitez de faire craquer l’articulation ou de la bloquer de force. Le coude peut s’irriter s’il est manipulé de manière trop brusque ; il convient donc d’y prêter attention.
4. Épaules
Les épaules peuvent émettre un craquement lorsque vous les faites rouler lentement vers l’arrière ou lorsque vous les détendez après avoir été voûté. En réalité, vous faites probablement craquer vos épaules par accident ! Gardez simplement à l’esprit que si ce bruit s’accompagne d’une sensation de pincement ou de blocage, c’est le signe qu’il faut arrêter plutôt que de continuer à tester.
5. Cou
Curieusement, un léger craquement dans la nuque peut en fait se produire naturellement lorsque vous tournez lentement la tête d’un côté à l’autre. Cela peut également arriver lorsque vous l’inclinez doucement après être resté assis dans une position raide. Cela ne vous autorise toutefois pas à en abuser : ne tournez jamais brusquement la nuque et n’utilisez jamais vos mains pour la forcer.
6. Haut du dos
Le haut du dos craque aussi facilement que les épaules, et il n’y a pas lieu de s’inquiéter si cela se produit spontanément ! Beaucoup de gens ressentent ce léger soulagement qu’apporte un bon craquement après avoir travaillé à un bureau ou accumulé des tensions dans les épaules ; on peut donc généralement s’en occuper chez soi. Mais n’oubliez pas : appuyer trop fort contre un meuble peut transformer un simple étirement en une mauvaise idée.
7. Bas du dos
Lorsque le haut du dos craque, le bas du dos suit généralement. Si toutefois vous souhaitez vous en occuper vous-même, évitez tout mouvement provoquant une douleur lancinante ou une gêne dans la jambe : ces symptômes nécessitent davantage d’attention qu’un simple craquement rapide.
8. Hanches
Il ne faut pas prendre à la légère les douleurs aux hanches, mais celles-ci peuvent parfois émettre un craquement lorsque vous effectuez un étirement contrôlé. Elles peuvent également craquer lorsque vous adoptez la position assise en « figure quatre » ou que vous effectuez de légers mouvements circulaires avec la hanche tout en vous tenant à un support pour garder l’équilibre. Si vous pratiquez ces exercices chez vous, veillez à ce que vos mouvements soient fluides ; forcer l’ouverture de la hanche peut irriter les muscles qui l’entourent.
9. Genoux
Toute personne de plus de 30 ans sait que les genoux craquent souvent lorsqu’on se lève, qu’on se penche ou qu’on tend doucement les jambes après avoir été assis. Dans la plupart des cas, c’est tout à fait normal, mais il y a tout de même quelques points à garder à l’esprit. Un bruit indolore est généralement moins inquiétant qu’un gonflement ou une douleur aiguë ; il faut donc prêter attention à la sensation dans l’articulation plutôt qu’au simple bruit qu’elle produit.
10. Chevilles et orteils
Les chevilles et les orteils craquent assez facilement d’eux-mêmes, et vous le remarquerez sans doute lorsque vous ferez tourner vos pieds ou que vous écarterez doucement vos orteils après une journée passée dans des chaussures serrées. Si vous essayez toutefois de provoquer un craquement, ne tirez pas trop fort sur vos orteils et ne faites pas rouler vos chevilles trop loin. Les petites articulations ont tout de même besoin de mouvements réguliers et confortables.
Bien que certaines zones soient faciles à traiter chez soi, toutes les articulations ne se prêtent pas à vos manipulations. Si une zone semble bloquée, enflée ou anormalement instable, il vaut mieux laisser un médecin s’en charger. Voyons maintenant quelques articulations que vous devriez également confier à des professionnels.
1. Articulation temporo-mandibulaire
L’articulation temporo-mandibulaire, plus connue sous le nom d’ATM, est la charnière qui permet à votre mâchoire de s’ouvrir, de se fermer et de bouger d’un côté à l’autre. Il convient d’y prêter attention sans toutefois tenter de la manipuler soi-même ; si elle émet un claquement lorsque vous mâchez ou même lorsque vous bâillez, le fait de forcer pour la faire « craquer » peut irriter davantage la zone. Un dentiste, un médecin ou un kinésithérapeute peut vérifier la présence d’éventuels problèmes d’occlusion ou d’inflammation articulaire avant tout traitement.
2. Articulation sterno-claviculaire
L’articulation sterno-claviculaire se situe à la jonction entre la clavicule et la partie supérieure du sternum, et son importance dépasse ce que sa taille pourrait laisser croire. Il n’est pas rare de ressentir une gêne après avoir soulevé des poids ou fait une chute, et comme cette articulation se trouve à proximité de vaisseaux sanguins importants, il ne faut pas essayer de la remettre en place soi-même.
3. Articulation acromio-claviculaire
L’articulation acromio-claviculaire relie l’extrémité externe de la clavicule au point le plus haut de l’omoplate. La douleur survient généralement après des pompes, un choc lors d’une activité sportive ou après avoir dormi avec le bras coincé sous le corps. C’est pourquoi un professionnel est à même de déterminer s’il s’agit d’une simple irritation ou d’une entorse — et vous devriez lui laisser le soin de le faire.
4. Articulations costo-vertébrales
Les articulations costo-vertébrales sont les petites articulations situées à la jonction entre les côtes et la colonne vertébrale. On confond parfois cette gêne avec une simple raideur musculaire, notamment après des gestes banals comme tousser ou rester assis voûté trop longtemps, mais il n’est pas toujours judicieux de partir de ce principe. Étant donné que la douleur au niveau des côtes peut avoir plusieurs causes, elle mérite un examen approfondi plutôt qu’un « craquement » forcé.
5. Articulations costochondrales
Les articulations costochondrales sont les points de jonction entre les côtes et le cartilage, situés vers l’avant de la poitrine. Comme tant d’autres articulations du corps, cette zone peut être sensible après un effort physique, le port de charges lourdes ou une affection respiratoire ; y exercer une pression peut aggraver la douleur. Les douleurs de la paroi thoracique doivent être prises en charge avec précaution, ce qui signifie que les mains expertes d’un médecin devraient suffire à y remédier.
6. Articulation sacro-iliaque
L’articulation sacro-iliaque se situe à la jonction entre le sacrum et le bassin, et elle joue un rôle essentiel dans la répartition du poids entre le haut du corps et les jambes. C’est également la raison pour laquelle des douleurs peuvent apparaître après une grossesse, un long trajet en voiture ou même un faux pas soudain. En ce qui concerne cette articulation sensible, il est bien plus judicieux de consulter un professionnel que d’essayer de se manipuler soi-même.
7. Symphyse pubienne
La symphyse pubienne est l’articulation solide située à l’avant du bassin, et la plupart des gens n’y pensent pas… jusqu’à ce qu’elle commence à faire mal. En raison de sa nature sensible, cette articulation nécessite avant tout de la prudence ; des étirements trop vigoureux peuvent aggraver son instabilité et entraîner une gêne lors de la marche.
8. Articulation coccygienne
L’articulation coccygienne se situe au niveau du coccyx, une zone qui peut devenir douloureuse à la suite de divers événements : une chute, un accouchement, une position assise prolongée ou une pression répétitive. On peut avoir l’impression qu’il faudrait faire bouger quelque chose, mais essayer de la « faire craquer » chez soi ne fera probablement qu’irriter des tissus déjà sensibles.
9. Articulation atlanto-occipitale
L’articulation atlanto-occipitale est le point de jonction entre la base du crâne et la première vertèbre. En résumé, elle intervient lorsque vous hochez la tête. On observe souvent une raideur au niveau de cette articulation en cas de maux de tête, de mauvaise posture devant un écran, de tension au niveau de la mâchoire ou de sommeil dans une position inconfortable. Cependant, cette zone est délicate et se trouve à proximité de nerfs et de vaisseaux sanguins importants ; il ne faut donc jamais tenter de la « faire craquer » de force chez soi.
10. Articulation atlanto-axiale
L’articulation atlanto-axiale se situe entre la première et la deuxième vertèbre et permet à votre tête de pivoter d’un côté à l’autre. Lorsque cette zone se raidit, on est tenté de la faire tourner jusqu’à ce qu’elle « craque », mais il vaut mieux confier cet ajustement à un professionnel qualifié. N’oubliez pas : une rotation brutale dans la partie supérieure du cou comporte plus de risques que vous ne le pensez.