La mémoire a une drôle de façon de stocker les sons. On ne s’en aperçoit que des années plus tard, lorsque quelque chose de légèrement similaire nous ramène en arrière. Soudain, vous avez à nouveau huit ans, assis les jambes croisées sur la moquette avec une boîte de jus de fruit et aucune notion de factures ou de délais. Certains sons s’estompent avec le temps, d’autres s’enfoncent profondément. Ils vivent quelque part sous notre peau, attendant qu’un déclencheur les ramène au premier plan. Voici vingt sons quotidiens qui constituent la bande-son de l’enfance.
1. Le carillon de démarrage de Windows
Si vous avez déjà utilisé Windows 95, vous vous souviendrez de ce ton doux et confiant qui vous indiquait que l’ordinateur familial se réveillait. C’était comme le son des possibilités – jeux, forums de discussion, même les vieux devoirs ennuyeux. Le bruit provenait d’un gros moniteur qui pesait autant qu’un petit chien, et si vous aviez de la chance, personne ne décrochait le téléphone et ne déconnectait votre Internet.
2. Le bourdonnement des réverbères qui s'allument
Ce bourdonnement électrique au crépuscule était faible mais indéniable. On l’entendait lorsque le ciel devenait violet et que les mères commençaient à crier pour que tout le monde rentre à l’intérieur pour le dîner. Les ampoules crachotaient, puis laissaient place à une lumière constante.
3. Dessins animés du samedi matin
Pour beaucoup d’entre nous, les dessins animés du samedi matin étaient le point culminant de la semaine. La télévision chantait les mêmes génériques tous les week-ends, chacun étant une promesse que les corvées pouvaient attendre. Ces premières émissions ont façonné notre sens de l’humour et même nos premières opinions sur l’amitié, le bien et le mal.
4. Le cliquetis d'une chaîne de vélo
Le cliquetis de la chaîne nous encourageait à changer de vitesse. L’objectif était toujours de pédaler assez vite pour échapper au bruit métallique de la chaîne qui saute. C’était le son de la liberté estivale.
5. Le clic aigu d'un lecteur de cassettes
Les boutons numériques peuvent recréer le son, mais il n’y a rien d’aussi satisfaisant que le claquement lorsque vous avez appuyé sur « play » Il s’agissait peut-être d’un mixage réalisé par votre frère ou sœur aîné, ou d’une émission de radio enregistrée où la voix du DJ coupait les premières secondes d’une chanson. Le bouton de rembobinage émettait son propre petit gémissement, comme si le passé tournait à l’envers.
6. Claquement de porte moustiquaire
Ce bruit sourd, monté sur ressort, vous suivait à l’intérieur après que vous ayez fini de jouer au chat et à la souris jusqu’aux premières heures du crépuscule. Il annonçait à vos parents que vous étiez rentré, assoiffé et peut-être un peu brûlé par le soleil.
7. La symphonie d'accès à distance par modem
C’était un chef-d’œuvre de bruit et de non-sens. Il commençait par un cri animal qui cédait la place à des parasites et à une série de bips numériques qui donnaient toujours l’impression que votre ordinateur était sur le point de tomber en panne. On avait l’impression d’ouvrir un portail vers un autre monde qui, à l’époque, se résumait à des salons de discussion MSN.
8. Jingle du camion de crème glacée
C’était la chanson thème de l’innocence de la banlieue. On se trouvait dans le salon et on entendait la petite musique qui résonnait dans le quartier, toujours légèrement décalée. Elle pouvait transformer un après-midi tranquille en chaos. Immédiatement, vous alliez chercher un parent avec un peu de monnaie, puis vous partiez en courant, les pièces s’entrechoquant, en criant de vous dépêcher.
9. Le crépitement d'un vinyle (ou d'un CD gravé)
Autrefois, mettre de la musique ne se résumait pas à appuyer sur un bouton. Les parents ou les frères et sœurs plus âgés choisissaient le vinyle ou le CD et le plaçaient cérémonieusement dans le lecteur. Les petits bruits et les sauts entre les chansons donnaient à la musique un aspect vivant. Plus tard sont apparus les CD gravés, chacun portant le titre du morceau griffonné au Sharpie.
10. Le bruit des LEGO qui se répandent sur le sol
Déverser ce conteneur sur le sol, c’était comme libérer une cascade de plastique – un son qui signifiait des heures de construction en perspective. C’était à l’époque avant les kits coûteux, et il fallait compter sur son imagination pour construire des vaisseaux spatiaux et des châteaux.
11. Cloche de l'école
Beaucoup d’entre nous redoutaient la sonnerie brutale qui annonçait le début du cours suivant. Pendant les huit heures suivantes, chacun de nos mouvements était régimenté : démarrer, s’arrêter, courir, s’asseoir, se mettre en rang, rentrer à la maison. C’est drôle comme cela peut sembler à la fois libérateur et oppressant selon l’heure. La dernière cloche de la journée sonnait toujours un peu plus doucement.
12. Le ronronnement d'un ventilateur de boîte la nuit
C’était une berceuse de bruit blanc, qui rafraîchissait l’air et masquait les bruits lointains des chiens qui aboyaient et des voitures qui passaient. Vous restiez allongé, à moitié éveillé, en écoutant son rythme changer légèrement, comme si le ventilateur était vivant et respirait dans le coin de la pièce.
13. Son de démarrage de la console de jeux vidéo
Qu’il s’agisse de Nintendo, de PlayStation ou de Sega, chaque jeu avait sa petite fanfare. Ce joyeux carillon précédant l’écran de chargement donnait l’impression de pouvoir s’évader dans un tout nouveau monde, là, dans son salon.
14. Le pop du papier bulle
Personne ne l’a jamais jeté immédiatement. On le trouvait dans une boîte d’expédition, on aplatissait une feuille sur la table de la cuisine et on passait dix bonnes minutes à faire éclater chaque bulle jusqu’à ce que quelqu’un nous dise d’arrêter. C’était de la pure satisfaction.
15. La sonnerie d'un téléphone fixe
Avant l’identification de l’appelant, chaque sonnerie comportait une part d’inconnu potentiel. Il pouvait s’agir d’un ami, d’un télévendeur ou même d’un coup de foudre. Si quelqu’un répondait dans une autre pièce, vous décrochiez discrètement un poste et écoutiez jusqu’à ce qu’il vous entende respirer sur l’autre ligne.
16. Le grésillement du bacon
On l’entendait avant de le sentir. Il y avait d’abord les petits craquements et les bruits de la graisse frappant la poêle, puis le léger tintement d’une spatule. Ce bruit était synonyme de petit-déjeuner, et il faisait palpiter votre estomac.
17. Le clic d'un interrupteur
Lorsque nous étions jeunes et que nous avions peur de l’obscurité, l’interrupteur signifiait que nous avions le pouvoir de la maîtriser. C’était un petit bruit négligé qui symbolisait l’élimination de notre peur. Lorsque les tempêtes ont coupé le courant, ce clic silencieux a soudain pris de l’importance.
18. Le gémissement d'un téléviseur à tube cathodique en train de chauffer
Nos petites oreilles étaient si sensibles qu’elles pouvaient détecter ce bourdonnement aigu à peine audible juste avant l’apparition de l’image. C’était un son si subtil que les adultes le remarquaient à peine, mais les enfants à l’ouïe fine savaient toujours que la télévision était allumée.
19. Le brassage et le claquement des cartes à collectionner
Qu’il s’agisse de Pokémon, de baseball ou de Yu-Gi-Oh, le brassage des cartes était un rituel. Tous les enfants se souviennent de la légère courbure du carton, du claquement lorsque vous les aplatissiez. Les échanges étaient des négociations bruyantes qui se terminaient toujours par un sentiment d’escroquerie.
20. Le bourdonnement des nuits d'été
La nuit, en été, c’était un orchestre de grillons, de grenouilles et, à l’occasion, d’un train lointain. C’était une bande sonore dense et complexe d’air chaud et de crépuscule. On s’asseyait dehors, couvert de sueur et d’insecticide, et on écoutait sans se rendre compte de la rapidité avec laquelle la jeunesse s’éteignait.